Algodystrophie

 

 

Dr J. Polak

 

Président de la Société Internationale de Myothérapie

 

 

   L’Algodystrophie, ou Algoneurodystrophie, est encore appelée : ‘Rhumatisme neuro-trophique’, ‘Dystrophie sympathique reflexe’ ou : ‘Syndrome douloureux régional complexe’, ou encore : ‘Ostéoporose algique post-traumatique’, ou Syndrome douloureux régional complexe’, et de bien d’autres noms encore.

 

   L’Algodystrophie est une complication qui touche une articulation touchée par un traumatisme : choc physique violent, entorse, chirurgie orthopédique, arthroscopie, immobilisation plâtrée, risque aggravé par une rééducation trop intensive et douloureuse.

 

   Dès qu’il y a traumatisme, avec ou sans fracture, il faut penser contractures musculaires. Un des rôles des muscles, rappelons-le, étant de protéger l’articulation en cas de choc physique. Cette contraction réflexe, si elle perdure, est la contracture.

   Quant à la décalcification, l’os se décalcifie s'il n'est pas sollicité (la fonction entretient l'organe), ici parce que les contractures et la douleur empêchent le mouvement.


 

   Les symptômes sont les suivants : douleur continue, sensibilité exagérée aux stimuli douloureux, enraidissement progressif, œdème, troubles de la coloration cutanée (peau luisante, pâle ou rosée).

   En théorie on distingue deux phases évolutives : d’abord une phase chaude, inflammatoire (donc l’organisme réagit à quelque chose), pendant quelques semaines à 6 mois. Il y a douleur, gonflement, chaleur, transpiration locale, la peau est rose, violacée ; la fonction articulaire est très limitée.

   A cette phase succède la période dite froide, avec pâleur locale, sensation de froid : le processus inflammatoire s’est épuisé. La peau est amincie et perd ses poils. La douleur diminue mais la limitation de mouvement augmente.

   L’évolution est spontanément favorable mais … en un ou deux ans tout de même ; et une fois sur dix en beaucoup plus de temps (et 10%, cela fait beaucoup).

   A la scintigraphie osseuse il y a une hyperfixation, mais celle-ci n’est pas spécifique. A la radiographie on constate plus tardivement une décalcification locale.

 

   Le mécanisme de l’Algodystrophie est inconnu pour la médecine classique. Aucun médicament n’a prouvé son efficacité dans cette maladie, même la calcitonine qui fut préconisée à une certaine époque. Antalgique et anti-inflammatoires, même corticoïdes, ont du mal à atténuer la douleur. L’immobilisation aggrave les symptômes, seul le repos soulage.

 

   Notre analyse est simple : le traumatisme articulaire, fracture ou pas, a créé des contractures de protection, ou aggravé celles qui étaient latentes. Ces contractures persistent et sont comme d’habitude la cause de douleurs, de limitation fonctionnelle, et dans un premier temps de réactions inflammatoires, qui s’épuisent au bout de quelques temps, plus ou moins rapidement selon les individus.

  

   Nous pouvons faire cette affirmation parce qu’elle est confirmée par la pratique : l’Algodystrophie se guérit en général assez facilement par la Myothérapie, qui la soulage souvent rapidement.

 

   Un exemple pratique

 

   Mme JB, 60 ans, me consulte en Novembre 2009 pour une Algodystrophie survenue suite à une entorse de la cheville droite qu'elle s'est faite 4 mois avant, aggravée par un choc qu'elle a reçu sur cette cheville il y a 1 mois.    La kinésithérapie est sans effet et elle marche avec 2 cannes anglaises. La radiographie montre une décalcification au niveau de la cheville.

   Elle prend des médicaments pour apporter du calcium et de la vitamine D, que je lui conseille d'arrêter, car sans intérêt pour son cas. (L'os ne se décalcifie que parce qu’il est moins stimulé, à cause des contractures et de la douleur qui empêchent les mouvements et l’appui. Une fois la mobilité rétablie l'os se recalcifie de lui-même.

   Quant à la vitamine D, le corps la synthétise dès qu'il est exposé au soleil, c'est-à-dire tous les jours.)

   Après 3 séances de traitement des muscles et ligaments par Myothérapie de la cheville, à 8 jours d'intervalle, Mme JB va mieux : elle  a pu se promener en forêt (ce qu'elle ne pouvait plus faire), et n'utilise plus qu'une béquille pour marcher. 15 jours après elle se passe de celle-ci à la maison.

   Après 2 séances de plus à 15 jours d'intervalle elle n'utilise plus de béquille, mais boite encore.

   Deux séances de plus en 3 mois et Mme JB marche à peu près normalement.