Douleurs du Pied

 

 

Dr Jan Polak

 

Président de la Société Internationale de Myothérapie

 


 

1.  Douleurs du Talon   -  Talalgie

 

Les douleurs situées à la partie antérieure du talon (talalgies  antérieures) sont classiquement attribuées à l’épine calcanéenne. 

Fig. 1
Fig. 1

Celle-ci est une excroissance osseuse (exostose) située à la partie antérieure de la tubérosité du calcanéum (fig. 1). 

 Cependant l’association entre épine calcanéenne et talalgie est très inconstante : l’épine n’est pas forcément présente en cas de douleurs, et il n’est pas rare d’en trouver une au pied non douloureux, et pas du côté douloureux, si on fait une radiographie comparative des deux pieds.

Ce n’est donc pas l’épine calcanéenne qui cause la douleur. On ne voit d’ailleurs pas par quel mécanisme elle pourrait le faire.

 

Quelle serait donc la cause de la douleur antérieure du talon ?

On parle souvent de fasciite plantaire ou d’aponévrosite plantaire, c’est-à-dire d’inflammation de l’aponévrose plantaire, l’épaisse membrane qui recouvre les structures musculaires et autres de la plante du pied. Elle s’insère en arrière à la face antérieure du talon, et en avant sur les orteils (fig.2).

Il nous semble plus probable qu’il s’agisse d’une douleur à l’insertion postérieure du Grand Ligament Plantaire (GLP). 

Celui-ci s’insère sur le talon au même endroit que l’aponévrose plantaire (qui est aussi l’endroit où nait l’épine calcanéenne 

éventuelle), et en avant sur la base des 4 derniers métatarsiens (et sur l’os cuboïde par un faisceau plus profond) (fig. 2 & 3).

 C’est le GLP qui maintient la courbure de la voûte plantaire, étant tendu rigidement entre ses deux insertions (ce qui n’est pas le cas de l’aponévrose plantaire, dont l’insertion antérieure, les orteils, est de plus mobile).

Si on saute d’une certaine hauteur et qu’on se reçoit à plat sur le pied, et non sur l’avant-pied pour amortir le chute), le GLP est brusquement étiré. C’est l’équivalant d’une entorse à ce niveau.

Il s’ensuit, souvent longtemps après la chute, des douleurs à l’insertion du point fixe du GLP, la tubérosité du Calcanéum. Et à la longue, cette insertion a tendance à s’ossifier : ce sera l’épine calcanéenne, qui n’est donc pas cause, mais conséquence.

La Myothérapie agissant sur les ligaments comme sur les muscles, peut dans les 3/4 des cas guérir les douleurs du talon, et les améliorer de façon significative dans la plupart des autres cas (fig. 4).

 

Il existe deux autres causes de douleurs du talon :

Fig. 4
Fig. 4

-  La contracture du muscle Abducteur de l’Hallux (ancien nom : Adducteur du Gros Orteil) :

Ce muscle s’insère à la face antéro-interne du calcanéum : il peut provoquer des douleurs antéro-interne du talon, plus rares que celles du GLP, mais bien distinctes (fig. 5).

 

- La maladie de Sever touche l’enfant entre 10 et 12 ans. A cet âge la partie postérieure du calcanéum, sur laquelle s’insère le Tendon d’Achille, doit se souder au reste de l’os (fig. 6 & 7). En cas de contracture du muscle Soléaire, l’enfant souffrira de douleurs postérieures du talon.

Dans ces deux cas de figure la Myothérapie obtient d’excellents résultats.

Fig. 5
Fig. 5
Fig. 6
Fig. 6

 

 

 

 

Fig. 7


 

 

 

      __________________________________


 

 

 

2.  Douleurs de l’avant-pied   -  Métatarsalgie

 

Les douleurs situées à la partie antérieure de la plante du pied sont appelées métatarsalgies, parce qu’elles sont situées au niveau de la partie antérieure et plantaire des os métatarsiens (fig. 8).  

Comme d’habitude ces douleurs ne sont pourtant pas dues aux os, mais aux contractures musculaires, en l’occurrence celles du Faisceau Transverse de l’Adducteur de l’Hallux (fig. 9).

 

Fig. 8

Ce muscle maintient la très modérée arche antérieure transverse du pied, en s’insérant sur le 1er métatarsien et sur les 3 derniers. Comme toute contracture, celle-ci peut être très douloureuse, d’autant qu’elle comprime les nerfs plantaires qui passent entre les os.Les résultats de la Myothérapie sont excellents dans cette pathologie (70% de guérisons, améliorations nettes dans la plupart des autres cas) (fig. 10). 

 

Il existe cependant des cas, assez rares, où l’irritation d’un nerf plantaire est telle qu’apparaît un névrome (en fait un œdème de l'endonèvre, une des membranes entourant le nerf,  qui entraîne l'apparition d'une fibrose secondaire). Cette pathologie est appelée Maladie de Morton (fig. 11) – qu’il ne faudrait pas confondre avec la vaste majorité des cas où il n’y a pas d’atteinte du nerf. 

Fig. 9
Fig. 9

Dans les névromes de Morton avérés, confirmés par une IRM, la Myothérapie n’a pas d’effet, car même si la cause première reste a priori la contracture du muscle Adducteur, la lésion du nerf a atteint un stade où traiter cette cause peut ne pas suffire.

Fig. 10
Fig. 10

L’erreur cependant serait de prendre toutes les métatarsalgies pour des maladies de Morton, comme cela est trop souvent fait, ce qui aboutit à des traitements peu efficaces (anti-inflammatoires) ou lourds (infiltrations, chirurgie), là où la Myothérapie aurait pu apporter une solution simple et rapide.

Fig. 11
Fig. 11

      __________________________________


 

 

3.  Hallux Valgus

 

 

Texte ici